Singulière crèche de Noël

Demotte_notele.jpgLes réveillons sont derrière nous et il ne nous reste plus qu’à nous taper la Galette des Rois pour sortir de ces ripailles  de fin et de début d’année … Comme cadeau pour bien débuter cette nouvelle année , je ne peux m’empêcher de vous offrir ce superbe texte que m’a transmis Ludovic NYS, docteur en histoire de l’art et licencié en langues orientales (langues du Caucase) de l’Université catholique de Louvain.

Une singulière crèche de Noël, à l’ombre de l’ancienne Komandantur de Tournai, revisitée par un drôle de petit santon à talonnettes

L’électoralisme de notre ministre-président n’a décidément plus de limites.

Notélé, ce parangon de l’indépendance et de la déontologie journalistiques, vient de diffuser un reportage de Noël ( à découvrir en cliquant sur la photo) de quelque huit minutes tourné au café des États-Unis, près de l’ex-Kommandantur de Tournai. Un réveillon ? Oui, mais pas n’importe lequel. Le repas de fête était offert gracieusement par notre bourgmestre empêché à quelques « pauvres erres » qui, sans cela, auraient été condamnés aux affres de la plus noire des misères, de la plus désespérante des solitudes. La « petite fille aux allumettes » sauvée in-extremis grâce à l’intervention providentielle du grand petit homme dont, outre la hauteur de vision, on ne louera jamais assez l’insondable humanité !

Qui fait l’ange fait la bête ?

Voilà a priori qui force l’admiration … j’ai bien écrit « a priori », car encore faut-il, tous en conviendront, que tel grand mouvement de l’âme, pour emporter l’adhésion, reste discret ! Là assurément n’est pas le moindre des paradoxes : le politique, pour convaincre, doit apparaître généreux, or pour être sincère, cette générosité doit être tue. Ne vaut-il pas mieux en ce cas faire le pari du silence, au risque de ne pas apparaître, et donc de ne pas apparaître charitable ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment le rôle du politique de jouer les pères Noël ?

Or c’est bien ici précisément que le bât blesse. La précaution oratoire de Notélé au début du reportage n’aura leurré personne. « Une démarche qui se voulait privée et sans publicité, mais à laquelle nous avons pu assister discrètement … Rudy Demotte qui ne souhaitait pas rendre cette initiative publique. C’est une indiscrétion qui nous a conduit là-bas. Le ministre-président a accepté finalement du bout des lèvres notre caméra. ». Allez raconter cela à un cheval de bois, il vous fera une ruade.

Le tour de force défie l’entendement : transformer un acte empreint d’humanité et d’empathie en la plus lamentable des manipulations et des récupérations électoralistes, et ceci en un spot d’à peine quelque huit minutes top-chrono, très franchement, il fallait oser. Car le plus heurtant, à bien y regarder, n’est pas tant ici la manœuvre politique, non plus d’ailleurs que la compromission de cette télévision régionale qui n’en finit décidément pas d’étaler sa veulerie et de manier avec une surprenante dextérité la brosse à reluire. Non, le plus désopilant de toute cette affaire réside bien dans le fait d’avoir instrumentalisé jusqu’à ceux-là mêmes à qui s’adressait cette soi-disant générosité très discrète. Exposés devant les caméras, mis en scène tels les figurants d’un film inspiré des « Misérables » de Victor Hugo, se prêtant malgré eux ou de leur plein gré, mais quoi qu’il en soit avec une indicible insouciance ou naïveté, à cette pitoyable mascarade, voici ces commensaux d’un soir réduits publiquement au rang d’attributaires de la charité d’un homme, pour le plus grand bien de sa cote électorale, devenus les faire-valoir d’un politique obsédé par l’effritement de son image médiatique.

Nous saurons gré à monsieur Demotte d’avoir enfin baissé les masques. S’il y avait encore matière à hésitation, si l’homme de vision pouvait encore, efficacité politique oblige, justifier certaines dérives, le passage en force sur le dossier de l’Escaut, ses manipulations pré-électorales de 2011 et 2012, ses bouffées d’autoritarisme révélées par les récentes controverses d’IDETA et du financement de Notélé, que reste-t-il en revanche après un tel spectacle de l’homme, de celui qui, pour apparaître plus humain, s’est abaissé à pareille mise en scène, en est arrivé à instrumentaliser ainsi la presse, le citoyen en même temps que ceux envers qui il prétendait faire acte de charité ?

Qu’on ne s’y trompe pas, au-delà de cette condescendance à peine dissimulée, c’est bien ici d’abord de mépris qu’il s’agit, de ce mépris d’un homme politique qui a fait main basse sur une ville qu’il ne comprend pas mais qu’il n’entend pas moins soumettre à sa loi en bon despote qu’il est. Ce que monsieur Demotte toutefois semble ignorer, c’est que les Tournaisiens, les vrais, ont un art consommé de cultiver les lendemains qui déchantent. Cet art du retournement, du désaveu, est même pour ainsi dire chez eux comme une sorte de marque de fabrique. Après la Noël et l’épiphanie vient le tour du lundi perdu, ce lundi qui, aux plus sombres heures de l’histoire de la cité, les voyait se parjurer deux semaines tout au plus après avoir prié le petit Jésus dans la crèche. Eh oui, monsieur Demotte, c’est votre tête toute ronde que ceux que vous appelez vos concitoyens mettront sous peu à mijoter dans la terrine avec le lapin a l’prone de la même manière, je le crains, qu’ils réduiront en juin prochain vos malheureuses 7.200 voix de préférence comme ils le feraient par évaporation de la succulente sauce aux pruneaux accompagnant leur lapin.

Il faudrait quand même veiller à l’avenir à ne plus prendre les habitants de cette pauvre ville pour des « meu-meu » !

 

                                                                                                                                                            L’âne gris (Ludovic Nys)

4 réflexions au sujet de « Singulière crèche de Noël »

  1. Les tentations populistes et poujadistes que nous connaissons aujourd’hui ont plusieurs causes. L’hyper-médiatisation n’y est évidemment pas étrangère, mais il ne s’agit pas là de la seule raison. Dans un monde où tout évolue, où les informations circulent de plus en plus vite, où la crise touche tout le monde, ou peut du moins s’abattre sur n’importe qui, il est plus essentiel que jamais que la classe politique soit sourcilleuse en matière d’éthique démocratique, de déontologie. Il ne s’agit pas ici de dénier au politique son rôle qui requiert un exercice efficace du pouvoir. Non, ce qui est en cause ici est l’image qu’il renvoie, son souci d’équité, l’exemplarité qui doit être la sienne.
    Si je dénonce depuis quelque temps déjà Rudy Demotte au travers d’écrits pamphlétaires parfois très acides, c’est parce ce politique incarne à mes yeux quelques-unes des principales dérives qui, précisément, ne peuvent que mener à terme aux dérives populistes que je viens de dénoncer. Est-il normal par exemple qu’un ministre-président, bourgmestre empêché de Tournai, assiste aux collèges des bourgmestre et échevins de sa ville contre ce que prévoit explicitement le code de démocratie locale de la RW ? Est-il normal qu’un an et demi avant les élections, monsieur Demotte soit parvenu à imposer dans le cadre de l’administration communale l’un de ses hommes qui finirait par devenir son chef de cabinet, et ce alors qu’il n’avait pas encore été crédité de la sanction des urnes ? Est-il normal qu’il préside les conseils communaux de Tournai alors que le code de démocratie locale de la RW prévoit qu’il ne peut au mieux y assister que de façon discrète ? Est-il normal qu’il impose contre tous à Tournai ses vues sur le dossier d’élargissement de l’Escaut sans qu’au niveau politique, il n’y ait jamais eu véritable débat, encore moins mise au vote ? Est-il normal qu’il soit parvenu à imposer sa stratégie de refinancement de Notélé en impliquant les intercommunales de la Wapi sans que le CA d’Ipalle ait été même saisi de la moindre demande en ce sens ?
    Ce sont ces genres de pratique politique, expression d’une véritable forme de mépris à l’égard des citoyens et des acteurs politiques locaux, qui, à terme, ne peut que finir par pousser un certain nombre dans les bras du populisme le plus nauséabond. Pour éviter cette dérive, dangereuse autant qu’abjecte, il n’est de meilleure réponse pour moi que le respect strict des institutions, et dans la lettre et dans l’esprit de la lettre. Je constate que nombreux sont nos politiques qui gardent ce souci en point de mire et ont à cœur dans le même temps de faire de la pédagogie. Je n’en veux pour preuve, au sein du PS, que quelqu’un tel que Willy Taminiaux (un homme remarquable), très respectueux de ses concitoyens, électeurs ou non. Combien également dans les autres partis ne sont-ils animés par le même souci ? Il serait donc plus que temps de faire comprendre à monsieur Demotte que, quoique ministre-président de la RW, il n’est pas au-dessus des lois, au-dessus des institutions, au-dessus de ses collègues.
    Je ne suis pas le seul à penser de la sorte et à être fermement décidé à le lui rappeler aussi souvent qu’il le faudra. Les journaux Vers l’Avenir (Jean-Pierre Deroeck et Géry Eykerman) et Nord Eclair (Albert Desauvage) sont manifestement sur la même longueur d’onde que moi.

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  2. Misérable petit homme,
    Bonne année, bonne santé et bon courage aux tournaisiens et les habitants du Hainaut occidental de supporter encore ce despote mal éclairé durant une année 2014 explosive.
    J’espère que par les prochaines élections, ces derniers exprimeront leur intelligence collective en renvoyant dans sa campagne Flobecquoise, ce petit général à talonnettes mal dissimulées.
    No télé ne sait comment faire pour le remercier. Pauvre petite télévision locale, pauvre tout petit politicard local !
    Il m’a semblé plus intelligent et mieux inspiré dans la précédente législature.
    Le masque tombe et laisse apparaître un nain tant physiquement qu’intellectuellement.
    Quelle misère pour Tournai !!! Encore 5 ans.
    Un citoyen

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  3. je suis désolé de dire que Rudy Demotte c’est un homme que j’admire….n’en déplaise a certain mais c’est un homme de cœur …

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