Episode 3. Le coût-vérité n’est pas forcément le juste prix

sac_poubelle_Mouscron

Que l’on m’entende bien : diminuer les déchets, les trier pour les recycler, tout cela est absolument nécessaire et doit être financé.  MAIS LES DISPOSITIONS ACTUELLES PRENNENT LA POPULATION EN OTAGE.

En effet, qui va supporter, le plus, l’application de cette nouvelle politique sinon la population elle-même. Si les directives européennes entendent responsabiliser tous les acteurs, aucune mesure par contre n’est prise contre les producteurs industriels de tous ces emballages que l’on nous impose en achetant. Ne suffirait-il pas pourtant, à titre d’exemple, d’interdire les emballages en frigolite ?

Dans son essence, le principe du coût vérité est également et profondément antisocial car il va pénaliser surtout les ménages à faible revenu et les familles nombreuses.

Les taxes sont donc les mêmes pour tout le monde que vous bénéficiez d’un revenu de 1.300 € ou de 10.000 € par mois.  Si cela n’est pas injuste ? !

Le coût-vérité est la négation du service public financé par les impôts selon les revenus et totalement accessible à l’ensemble de la population. Imaginez que l’on applique ce coût vérité à l’enseignement ou aux soins de santé. Des centaines de milliers de gens n’auraient plus la possibilité d’étudier ou de se soigner.

A tous les niveaux de la chaîne de recyclage, ce sont les gens qui sont taxés : taxe recupel, taxe provinciale pour l’environnement, écotaxes répercutées vers le consommateur final, taxe communale pour les déchets ménagers, et, désormais …  la taxe proportionnelle sur nos déchets ménagers.

Mais à tous les niveaux de la chaîne du recyclage, il y a aussi  ceux qui font des bénéfices

On nous revend, avec bénéfice, l’électricité produite grâce au recyclage de déchets triés par nos soins. Certains groupes financiers font des bénéfices à la fois en produisant puis en éliminant un même produit.

On culpabilise bien trop  la population.

Mettre un déchet dans le mauvais bac est considéré comme un délit écologique. Or, les consignes de tri dépendent surtout des prix du marché !  Ainsi les plastiques durs ne rapportent plus et sont désormais considérés comme encombrants. Après la chute du prix du papier neuf, certains pays ont stoppé le recyclage des papiers et cartons.

Ce qui est crime écologique aujourd’hui, parfois sera la bonne conduite demain. Et les tarifs changeront…

Le ministre Lutgen l’a lui-même reconnu : « La vérité est que, quand je vous parle du coût-vérité », il est clair que les communes demandent une contribution trop élevée et que les gens payent plus cher que le service qui leur est réellement rendu ». *

Ce qui fait bondir aussi, c’est que le principe pollueur – payeur » n’est pas le même pour tous : les déchets industriels représentent 90% des déchets en Flandres et en Wallonie, selon l’Union wallonne des entreprises en 2004, 48% des déchets sont issus de l’industrie, 20% du secteur de la construction et de la démolition, 18% du secteur tertiaire et de 12% des ménages.

Mais les tarifs de l’Intercommunale Intradel (Liège) prévoient que les flux ménagers doivent être nettement distingués des flux industriels et qu’un contrôle propre à c
haque flux doit être mis en place. Cela permettra d’éviter des amalgames. Et, notamment, que des prix « déchets industriels » généralement plus bas ». ** servent de prix de référence.   Donc, non seulement les ménages produisent beaucoup moins de déchets, mais encore, ils payent plus cher pour les faire enlever et les recycler.

* Parlement wallon 04/12/2008. Interpellation de M. Westphael  (Ecolo) à M. Lutgen ministre de l’agriculture, de la ruralité de l’environnement et du tourisme sur « l’impact du budget des ménages du plan wallon des déchets ».

** Plan stratégique Intradel 2008-2010  p..7

Une réflexion au sujet de « Episode 3. Le coût-vérité n’est pas forcément le juste prix »

  1. Je ne vois pas où est le problème à Mouscron puisque la notion de coûts-vérité est un concept auquel la Ville (et ses satellites), n’a jamais adhéré.
    Exemples :
    – créances douteuses sur l’Excelsior (via l’IEG);
    – loyers de complaisance au MIM (dossiers FLORAMARKET, AMP, DUPONT RESTAURATION,…;
    – missions d’agrément à l’étranger pour commerçants (MIM);
    – mutation de logements sociaux en logements pour joueurs de football non déminis;
    – perte du SARMA;
    – …
    Au-delà des poubelles, le contribuable attend un véritable Kyoto politique!

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